L’amour en 2020 : sait-on encore séduire ?

En matière de séduction, certains diront que les méthodes « d’antan » sont aussi celles qui ont le plus de charme. D’autres les trouveront conservatrices, voire sexistes, et se féliciteront des changements récents qui bousculent les codes du flirt et de la drague. Mais, la vraie question qui nous intéresse ici est la suivante : sait-on encore séduire en 2020 ? Faut-il faire un lien entre le nombre exponentiel de célibataires et les nouvelles techniques de séduction ? Le zapping et la société hyper-connectée dans laquelle nous vivons ont-ils un impact sur notre façon de séduire ? Communiquer efficacement et explicitement ses intentions à l’autre (sans perdre le charme de la rencontre ) est-il devenu mission impossible ? Décryptage amoureux en cours… 

Les codes ont changé 

En 2018, l’INSEE a recensé 18 millions de célibataires en France. Pour eux, la toile est devenue un incontournable en matière de séduction.

Et pour cause : le virtuel a littéralement bouleversé les codes de la drague ! 

Les célibataires connectés sont abonnés au flirt en ligne et n’hésitent pas à se laisser séduire par quelques échanges virtuels et une image de profil.

L’idée ? Ouvrir le champ des possibles en se laissant l’occasion de rencontrer quelqu’un qu’ils n’auraient jamais croisé dans leur quotidien.

Moralité : quand on ne trouve chaussure à son pied ni au travail ni au club de sport et quand on ne tombe pas sous le charme de l’ami(e) d’amis, reste l’ultime solution de la rencontre en ligne.

Autre grand changement ? Quand le coup de cœur se fait « dans la vraie vie »,  le virtuel devient un intermédiaire quasi systématique pour passer à l’étape suivante.

On cherche à en savoir plus sur l’autre en scrutant ses moindres faits et gestes sur la toile et on lui fait savoir qu’il nous intéresse… par message.

Bien que pratique, cette omniprésence du virtuel a une vraie conséquence sur la séduction « en face en face » : on oublie littéralement comment faire ! Derrière un écran, tous les romantismes sont permis. En face, c’est le calme plat. 

Premier pas : en route vers la parité ? 

Combien de belles histoires ont été étouffées dans l’œuf parce que le premier pas ne s’est jamais fait ?

Si chacun attend de l’autre qu’il se manifeste, force est de constater que rien n’avance. Aujourd’hui, et c’est un conditionnement qui est encore très présent, on attend encore trop des hommes qu’ils fassent le premier pas.

Patriarcat oblige, partir de ce principe sous-entend que la femme n’a pas le droit de prendre des initiatives et que l’homme n’a quant à lui pas le droit d’être timide.

Heureusement, les choses changent peu à peu et les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’affirmer et à rompre avec ces codes d’un autre temps.

S’il est évident qu’il faudra encore des années pour que cette « parité amoureuse » devienne la norme, elle bouscule forcément (dans le bon sens) notre approche de la séduction.

Qu’il soit féminin ou masculin, le premier pas est toujours une affaire de courage et d’assurance. En ce sens, le virtuel a largement simplifié les choses, peut-être un peu trop… 

La peur de l’engagement : un fait de société ? 

La peur de l’engagement est vieille comme le monde. Peur d’aimer trop, peur de ne pas être aimé, peur de souffrir, peur de ne plus se sentir libre…

Nos expériences du passé influencent irrémédiablement notre façon de séduire. Parfois, nous passons à côté de belles histoires par peur de nous engager et pour ne pas nous retrouver face à nos propres démons. 

La société dans laquelle nous vivons ne nous aide pas vraiment à nous lancer. Elle prône au contraire le zapping, qu’il soit professionnel ou amoureux.

Dès que les choses deviennent sérieuses et que l’engagement se profile à l’horizon, c’est la fuite. 

Côté séduction, on zappe au moindre petit obstacle et on ne cherche plus vraiment à se mettre à la place de l’autre pour essayer de le comprendre et de le charmer.

Pour éviter d’en arriver là, il faut faire un petit travail d’introspection et mettre le doigt sur ces peurs qui nous parasitent et nous font choisir la fuite.  

Reste-t-il du temps… pour la séduction ?  

L’hyper-connexion est loin d’être la seule à impacter notre façon de séduire. Le monde dans lequel nous vivons est particulièrement hyperactif.

Pour notre épanouissement, la société tente de nous faire croire que nous devons faire le maximum de chose en un minimum de temps.

Nos emplois du temps sont si chargés que nous n’avons plus une seule minute pour nous ennuyer.

Nos vies professionnelle et sociale sont devenues si palpitantes et chronophages que nous en oublions l’essentiel : prendre le temps de nous laisser aller à l’exquise lenteur de l’amour. 

Prendre le temps de se découvrir, de se séduire, de se connaître… Et si ralentir était la solution ?

Alexia

Alexia

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